24-12-2015 11:54
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petits effets pour le big bang de la libéralisation des prix des carburants

Cela fait désormais plus de trois semaines au Maroc que le prix des carburants à la pompe est fixé librement par les distributeurs.
Une petite révolution pour ces prix traditionnellement administrés et uniques sur l'ensemble du territoire. Indexés sur les cours internationaux, en 1995, puis désindexés et fixés bien en deçà lors de l’envolée du prix du baril en 2000, puis réindexés à nouveau partiellement le 19 août 2013, les prix du gasoil et de l’essence super évoluent désormais librement depuis le 1er décembre.
La mise en application finale d'une reforme préparée depuis deux ans par le gouvernement Benklirane qui a habilement tiré parti depuis un an de la plongée de cours du brut. Tout en reformant dans le même mouvement le système de subventions (compensation) qui a coûté jusqu'à 5% du PIB et est désormais quasiment aboli.
Le résultat ? Il est modeste dans les faits pour l'instant.
"Aujourd’hui, la tendance des prix est plutôt à la baisse à court et moyen terme", estime Adil Zyadi, président du Groupement des pétroliers du Maroc. Les consommateurs ne doivent cependant s’attendre à aucune baisse considérable.
Encore fixés à 7,96 dirhams le litre de gasoil et 9,49 dirhams le litre d’essence, le 30 novembre , ils s’établissent aujourd’hui, dans certaines stations Shell, alias Vivo Energy, de Casablanca, à 7,67 dh pour le gasoil et 9,29 dh pour l’essence.
Quelques distributeurs se partagent le marché marocain des carburants dont les principaux sont Afriquia (détenu par le ministre de l'Agriculture Aziz Akhanouch), Vivo Energy (compagnie de droit néerlandais détentrice de la licence Shell en Afrique), Winxo (ex-CMH), Total Maroc ou Oillybia
"La concurrence entre les distributeurs pétroliers ne s’exerce pas sur le prix, a assuré Mohamed Raïhani, directeur de Vivo Energy Maroc, un des principaux distributeurs du royaume répondant à Challenge car, lorsque le prix d’un litre de carburant dépend à près de 90% des cours du brut à l’international et des taxes, la marge de manœuvre des pétroliers est très limitée."
"Il est alors indispensable que l’État relâche substantiellement sa pression fiscale, pour que les distributeurs aient davantage de marge d’intervention, et les consommateurs puissent profiter du jeu de la concurrence en termes de pouvoir d’achat", analyse Hicham El Moussaoui, économiste, professeur à l’Université Sultan Moulay Slimane de Beni Mellal, dans une tribune parue sur Libre Afrique.
"Il y aura 1,2 ou 3 centimes de dirhams de baisse, mais rares seront ceux qui changeront de station pour si peu. Je pense que les sociétés de distribution vont jouer le jeu de la concurrence à minima uniquement pour montrer que même sans la Samir, même sans l’Etat, les choses fonctionnent correctement", affirme Omar El Fetouaki, ancien responsable de la distribution des carburants au ministère de l'Energie.
Depuis août, la Samir, unique raffinerie nationale est à l’arrêt, écrasée par les dettes. Le conflit opposant son actionnaire majoritaire, Sheikh Mohammed Al Amoudi, PDG de Corral Petroleum Holdings AB et le gouvernement marocain, n’a pas trouvé de solution et l’augmentation de capital de 10 milliards de dirhams promise pour le 15 novembre, n’a pas été faite.
"Les sociétés de distribution, aujourd’hui, assurent qu’il n’y a pas de problèmes d'approvisionnement, qu’elles sont là, mais il faut une raffinerie en fonctionnement au Maroc pour amener de la concurrence sur le marché", juge Omar El Fetouaki,
L’activité de la raffinerie étant suspendue, elle ne peut assurer les stocks de sécurité nécessaires au secteur. Le gouvernement a donc reporté cette tache sur les distributeurs.
"Depuis la fermeture de la Samir, le ministère de l’Energie et des mines nous oblige à disposer d’un stock minimal de 30 jours, précise Adil Ziadi. Auparavant, les subventions aux carburants constituaient un fardeau que nous supportions, aujourd’hui il a été transféré sur les obligations de stockage."


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